Des verdicts sans appel, un passé à digérer, et un futur à inventer : voilà le menu imposé à l’Italie du football, contrainte de tout repenser après la débâcle de 2022. La Fédération a tranché dans le vif, chamboulant ses lignes et installant Gennaro Gattuso aux commandes en mars 2025. Ce choix n’est pas anodin : il annonce la fin d’un cycle, une redistribution des rôles, et la promesse d’un nouveau souffle. Désormais, les repères ont changé, et les hommes aussi.
Où en est la squadra azzurra à l’approche des barrages pour la Coupe du Monde 2026 ?
À l’aube des barrages qualification Mondial, l’équipe italienne avance à tâtons, consciente que les illusions ne suffisent plus. L’ombre de l’échec plane toujours sur Coverciano. Derrière les portes closes du siège romain de la FIGC, Gabriele Gravina orchestre la refonte. Il s’agit moins de renouer avec le passé que d’installer une solidité qui s’est perdue en route.
A voir aussi : Vitesse au foot : qui est le plus rapide sur le terrain ?
Le mois décisif s’annonce chargé, avec un enchaînement d’adversaires qui ne laissera aucun répit :
- la Bosnie-Herzégovine pour ouvrir le bal
- la Norvège ou la Moldavie en embuscade
- et, en cas de qualification, un choc possible face à l’Irlande du Nord, toujours difficile à manœuvrer
L’épopée de l’Euro 2021 appartient déjà à l’histoire, et celle de 2024 n’a pas dissipé les doutes. La pression s’intensifie, le groupe doit réagir. Les stades de Bologne et Rome se préparent à vibrer pour des matches où tout peut basculer.
A lire aussi : Prévention des blessures par l'exercice régulier
La direction fédérale s’en tient à sa stratégie : la politique de renouvellement doit aboutir. Le manque de stabilité, conséquence des rotations sur le banc et des absences prolongées, complique la tâche. Les cadres de l’ancienne génération sentent bien que le Mondial ne leur fera pas de cadeaux. L’Italie s’efforce donc de retrouver ce qui a longtemps fait la marque de son calcio : intensité, discipline et esprit collectif.

Les choix de Gennaro Gattuso et les nouveaux visages qui incarnent l’espoir italien
On ne demandera jamais à Gennaro Gattuso de manier la langue de bois. Ce qu’il dit, il le pense, et sa méthode ne laisse pas de place à l’ambiguïté. La liste qu’il a révélée à Milan, sous une lumière sans concession, reflète cette volonté d’en découdre : il veut des joueurs prêts au combat, à l’image de son propre parcours. Entre fidélité aux anciens et audace des jeunes, il ose un équilibre rare dans l’histoire récente du football italien.
Au cœur de ce groupe resserré, certains piliers tiennent bon. Gianluigi Donnarumma demeure le point d’ancrage, même si la nouvelle génération toise déjà son trône. Federico Chiesa, revenu d’une saison compliquée à la Juventus, affiche une détermination intacte, tandis que Nicolo Barella continue d’imposer sa grinta et son leadership à l’Inter. Sandro Tonali, malgré des épisodes agités hors des terrains, reste dans le groupe, preuve de la confiance du sélectionneur. Idem pour Manuel Locatelli, dont la maîtrise au milieu rassure les siens.
Gattuso ne se contente pas de l’expérience : il mise aussi sur l’élan insufflé par les clubs. La présence de Federico Dimarco, ainsi que de plusieurs joueurs du Napoli, sacré en 2023, témoigne de cette volonté de coller au réel. L’influence de Silvio Baldini avec les espoirs a ouvert la porte à de nouveaux profils, plus décomplexés, capables d’apporter l’énergie qui faisait défaut lors des dernières échéances. Cette squadra azzurra version 2026 se construit sur un équilibre délicat, tiraillée entre la fidélité à sa tradition tactique et l’appel d’un football plus audacieux.
Le compte à rebours est lancé. L’Italie n’a plus le luxe de tergiverser : chaque choix, chaque visage nouveau ou confirmé, écrit déjà une part du destin collectif. Le terrain tranchera, comme toujours, mais l’alignement des planètes pourrait bien offrir à la squadra azzurra une renaissance attendue depuis trop longtemps.

